Les 3.O - Ophtalmologiste, Orthoptiste, Opticien : Qui fait quoi ?

La filière visuelle regroupe environ 60 000 professionnels de la vue. Ils sont là pour prendre soin de vos yeux selon vos besoins. Mais qui fait quoi ? Les Opticiens Mobiles le décrypte pour vous.

3.O : Fiches d’identités 

 

L' OPHTALMOLOGISTE

 

 

 

 

Son profil :

En 2019, on comptabilise 5 882 ophtalmologistes en France soit une densité de 8,8 pour 100 000 habitants. Parmi ces professionnels la majorité exercent sous statut libéral (63%). La moyenne d’âge de la profession est de 54 ans(1) au-dessus de la moyenne des spécialistes fixée à 51 ans.

Avec à son actif 12 années d’études, l’ophtalmologue également appelé ophtalmologiste, est le médecin spécialisé dans toutes les maladies et troubles divers pouvant toucher les yeux et impacter la qualité de la vision. 

Son rôle :

Contrôler, diagnostiquer, dépister les symptômes de troubles de la vue ou encore programmer une opération chirurgicale si nécessaire. 

A l’aide d’appareils techniques très pointus, il réalise un examen de la vue renforcé afin de détecter une potentielle anomalie au niveau de l’œil et de ses « annexes » (paupières, canal lacrymal) et le cas échéant vérifier que vos yeux sont en bonne santé. 

En tant que médecin il peut ainsi prescrire une ordonnance pour des verres correcteurs, des lentilles correctrices, pour des séances de rééducation ou pour réaliser une intervention chirurgicale comme celle régulièrement pratiquée pour soigner la cataracte. 

Il est amené à travailler avec d’autres professionnels de la santé visuelle comme les orthoptistes et les opticiens-lunetiers. 

 

L' ORTHOPTISTE

Son profil : 

En 2019, il y a 5 185 orthoptistes en France. Cette profession est exercée en majorité par de jeunes personnes : 45% des orthoptistes ont moins de 35 ans(1) et majoritairement des femmes (neufs orthoptistes sur dix). Les orthoptistes exercent majoritairement sous statut libéral ou mixte (libéral + salariat) à hauteur de 60%.

Après 3 années d’études supérieures spécialisées en orthoptie, l’orthoptiste appelé plus communément « le kiné des yeux » est un expert du dépistage des troubles visuels, de la rééducation et la réadaptation visuelles. L’orthoptiste est un professionnel paramédical qui vient soutenir et collaborer étroitement avec l’ophtalmologiste.  

Son rôle : 

Il intervient sur prescription médicale d’un ophtalmologiste auprès des enfants, des adultes comme des personnes âgées souvent atteints de fatigue visuelle, strabisme, basse vision ou amblyopie. Sa mission est d’assurer la bonne coordination des deux yeux, soit la vision binoculaire. 

L’orthoptiste évalue les capacités visuelles à l’aide de tests pour mesurer la vision des couleurs ou encore l’adaptabilité aux contrastes. A l’issue des examens il détermine les sessions de rééducation, accompagne le patient avec des séances d’exercices voués à travailler les muscles de l’œil. Il a un rôle de conseiller auprès de ses patients en leur donnant les bons réflexes pour soulager la fatigue des yeux et maximiser leur confort visuel.  

 

L'OPTICIEN-LUNETIER

 

 

 

Son profil : 

38 506, c’est le nombre d’opticiens-lunetiers diplômés en France en 2019(1)Beaucoup plus nombreux que leurs confrères, les opticiens sont eux aussi jeunes : 53% sont âgés de moins de 35 ans. Ils exercent majoritairement sous le statut de salarié (74%).

Même si les opticiens travaillent majoritairement dans les 12 350 points de vente, les pratiques professionnelles évoluent en réponse aux attentes et besoins des porteurs. 

34 % des porteurs de lunettes souhaitent que l’opticien puisse se déplacer à domicile(2).

Exercer son métier autrement, c’est ce qu’ont choisi nos Opticiens Mobiles indépendants. Ils se déplacent, sur les lieux de vie ou de travail des personnes actives comme des personnes fragiles. Leur quotidien est rythmé par les rendez-vous auprès d’une clientèle variée et dans des environnements différents (Domicile, EHPAD, Handicap, Entreprises). Chaque Opticien Mobile est accompagné au quotidien par une équipe support composée de 36 collaborateurs, leur permettant ainsi de retrouver l’essentiel de leur métier d’opticien.

L’opticien, lui aussi acteur majeur de la filière visuelle est diplômé d’état avec un BTS Opticien-Lunetier. Après 2 années d’études supérieures il peut choisir de se spécialiser en contactologie, optométrie ou basse vision pour étoffer ses compétences de professionnel de santé visuelle. 

Son rôle : 

L’opticien est un véritable technicien doté d’un savoir-faire aigu dans le domaine de la vision et d’un savoir-être digne d’un conseiller personnel. Après une écoute attentive des besoins et attentes du porteur, il contrôle la vue sur la base de l’ordonnance, en réalisant des prises de mesures, vérifiant les acuités visuelles et l’écart pupillaire. Une fois le bilan visuel terminé il entame sa mission de conseiller. 

C’est lui qui trouvera la meilleure solution en matière d’équipement optique et accompagnera le porteur dans le choix de la monture en fonction de son visage et de sa morphologie, des verres ou lentilles selon la correction prescrite par l’ophtalmologiste. 

L’opticien s’occupe de tailler, monter et façonner les lunettes. Une fois prêtes il procède à leur ajustage directement sur le porteur.  

Afin de faciliter la prise en charge du parcours en santé visuelle, l’opticien travaille en collaboration avec d’autres professionnels du secteur comme les ophtalmologistes, les orthoptistes, médecins généralistes ou encore les complémentaires santé. C’est un coordinateur en santé visuelle ! 

 


 

BON À SAVOIR

Depuis la parution du décret de l’optique en octobre 2016, l’opticien peut :

  • « Adapter dans le cadre d'un renouvellement de délivrance, après réalisation d'un examen de la réfraction et sauf opposition du médecin mentionnée expressément sur l'ordonnance, les prescriptions médicales de verres correcteurs en cours de validité. » ​

  • « En cas de perte ou de bris des verres correcteurs d'amétropie, lorsque l'urgence est constatée et en l'absence de solution médicale adaptée, l'opticien-lunetier peut exceptionnellement délivrer sans ordonnance médicale un nouvel équipement après avoir réalisé un examen réfractif. »


Une filière en mouvement 

La filière visuelle compte aujourd’hui 60 000 professionnels. En constante évolution le marché de l’optique innove et s’adapte aux besoins et attentes des consommateurs. Pour y répondre la filière est sujette à de nombreuses réformes avec récemment celle du 100% Santé.

Depuis le 1er janvier 2020, le gouvernement a mis en place la réforme du 100% Santé imposant aux opticiens de présenter une offre de montures (35 montures adultes et 20 montures enfants à un prix de maximum 30€) et de verres correcteurs entièrement pris en charge par la sécurité sociale et les mutuelles. 

En savoir plus sur la loi du 100% santé

Un enjeu de santé publique se pose, celui de l’accès aux soins. Nous le savons, les délais d’attente pour obtenir un rendez-vous chez l’ophtalmologiste sont souvent très longs même pour les personnes actives domiciliées en zones urbaines ou péri-urbaines. Mais qu’en est-il des personnes isolées socialement, géographiquement ou en perte de mobilité et d’autonomie ? 

Pour pallier au non-recours aux soins, l’ensemble de la filière travaille sur l’évolution des métiers en passant par une délégation de tâches. Sur ce sujet, l’IGAS (Inspection Générale des Affaires Sociales) a publié un rapport en Janvier dernier, en préconisant plusieurs axes d’amélioration. 

Les principaux, qui ont un impact direct sur le quotidien des français atteints de troubles visuels seraient de : 

  • Décharger les cabinets d’ophtalmologistes de patients souffrant de troubles de la réfraction léger
  • Développer le rôle des opticiens-lunetiers et des orthoptistes en matière de réfraction et d’équipements d’optique médicale et de prescription. Cela serait supervisé par l’ophtalmologiste. 

En effet, encourager les « 3.O » à collaborer intelligemment et en toute sécurité grâce à la mise en place d’un modèle de travail aidé, autrement dit, par la création d’équipes pluri professionnelles viserait à améliorer et faciliter la prise en charge de la santé visuelle des patients. 

 


(1) Source : DRESS, 2019 

(2) Etude Harris Interactive, Juillet 2020